Archives de mars 2007

Levons le mystere Cote Ouest

-Cote Ouest, des palaces… Toute une vie de mensonges, et d’illusions… Ohohoh… Cote Ouest…

Mmm… C’etait le generique d’une serie televisee, la suite de Dallas.

La Cote Ouest americaine est un vivier de stars, de palaces, de maisons gigantesques, de lieux celebres. A elle seule la Californie a la puissance economique d’un pays a part entiere. Les noms de ses villes font rever, tant a l’etranger qu’aux USA. Elle incarne encore le reve americain, et il suffit de la voir pour en etre convaincu. Les californiens se vivent l’illusion de leurs reves, et si ca c’est pas un reve, qu’est-ce que ca peut donc etre d’autre?

Cet etat americain est pourtant l’un des plus violents, et ce que j’y ai ressenti n’etait pas une illusion, les statistiques sont venues confirmer mes impressions. Mais pourquoi?

Les villes de la Cote Ouest, particulierement San Francisco, San Jose, Santa Barbara, Santa Monica et Long Beach sont riches. Mais le fosse entre riches et pauvres est enorme. Ainsi, Santa Barbara est l’une des villes les plus cheres de Californie, alors que le revenu moyen par habitant est a peine au-dessus du niveau national. Dans cette meme ville, alors que les maisons atteignent facilement les 2.000.000 de dollars, 14% de la population vit en dessous du seuil de pauvrete, dont 18% dans les moins de 18 ans.

Ce contraste saisissant est manifeste quand on visite San Francisco par exemple. A cote des limousines, des sans-abris par dizaines. Et ces deux mondes se croisent en plein centre ville.

Dans un systeme ou chacun est son propre devenir, ou chacun ne peut compter que sur tres peu de soutien face aux aleas de la vie, et ou l’Etat a comme fonction de garantir ce systeme, il n’est pas etonnant qu’il y en ait certains qui n’arrivent pas a s’elever socialement.

Meme si ce systeme ne me convient pas, que mon impregnation europeenne est importante!, la culture americaine a l’avantage de mettre les gens face a leurs responsabilites. Face a l’Etat paternaliste, l’Etat individualiste.

Entre les deux, le Japon?

Qui vivra verra…

La bataille de Los Angeles

La bataille de Los Angeles!

-Mais quoi? Est-ce le titre d’un album de Rage Against The Machine?
-Oui!
-Mais quoi? Est-ce une vraie bataille quand meme?
-Oui! La bataille de Los Angeles a bien eu lieu. Comme la guerre de Troie. L’ennemi etait lumineux, mais sourd.

La Bataille de Los Angeles

-Des japonais?
-Non!
-Des nazis?
-Non!
-Des secessionnistes?
-Non!
-Des extra-terrestres?
-Ben euh…

Voici la bataille de Los Angeles.

Une soiree, quelques heures

Je suis dans l’appartement que l’on partage a seize, dans quatre chambres de quatre personnes chacune. Les autres sont partis en projet ce matin. Reste une belge, malade, une americaine qui vient de terminer ses projets, et Bryan qui travaille pour l’organisation. Il est 19h30, les filles vont se reposer avant de sortir sans doute, et je reste avec Bryan. On entame une partie de cartes a l’americaine, sur un bar jonches de reste de chips, de taches de soda, et peut-etre un peu de “real mayonnaise”. Ce n’est pas une soiree comme les autres, je suis en attente que la Belgique se leve, que mon sort soit decide. Apres avoir rigole tous les quatres, je me retrouve avec ce new-yorkais au look rasta punk qui cache un visage aux traits fins. Moi qui n’aime pas jouer aux cartes, je trouve un charme etrange dans cette soiree.Dehors il neige. Le froid est tombe sur Flagstaff dans l’apres-midi, renvoyant le soleil plus pres encore de l’equateur. Je me demande s’il neige parfois a Casanblanca, qui est environ a la meme latitude que la ville ou je suis.

Les parties se succedent, les cartes changent de main, il gagne trois fois, je gagne une fois. C’est deja pas mal, pour un jeu que je ne connaissais pas, et qu’on m’a explique avec un accent americain a trancher au couteau.

Mais l’Europe va bientot s’eveiller. 21h30 ici, c’est 6h30 la-bas. Je dois envoyer un dernier message, je dois retourner a la bibliotheque. Quatrieme fois de la journee, un trajet d’une demi-heure a pied. Pour aller plus vite, j’emprunte un velo parmi la quinzaine devant la porte, sans reel proprietaire. D’habitude je prefere marcher, mais il se fait tard et le froid est piquant.

Degager la neige vite fait de la selle, du guidon, des freins. Verifier que ces freins fonctionnent plus ou moins, puis partir dans la nuit. Une petite montee, une longue descente sinueuse, et la Lemon Tree road, sorte de peripherique, avant d’entrer dans le quartier universitaire. Mon epaule me fait mal, peut-etre d’avoir force durant le projet precedent. Et le velo qui se dandinne fait crier plus encore la douleur. Ah! Je n’avais pas encore parle de cette epaule, et comment oserais-je! C’est encore le moindre des maux, et manifester ce petit incident, en plus des autres en cours, “autant te dire adieu”.

Et cette bibliotheque approche! Enfin! Mes mains sont bleues de froid, un gout diffus de sang se repand dans ma gorge, comme quand on commence un effort quand il fait froid.

J’adore cette soiree, j’adore cette journee. Je pense aux cafes en train de couler en Belgique, et je me vois dans cette nuit arizonienne, Bryan affale dans le divan, moi pedalant sur ce velo de fille, la neige sur ces arbres d’habitude secs comme des cactus.

On est hier ici, ils sont demain la-bas. Entre nous, une nuit qui debute, une autre qui se termine. Ce voyage n’a pour l’instant rien de ce que j’en attendais, mais il me montre ce que je n’attendais pas. Il y a quelque chose…

Un choix

Erreur 404 - Donnees introuvables:
J’arrive a San Francisco, plein de reves. Mais ils s’envolent a peine arrive. Il y avait cette formidable recherche americaine, qui inventait Internet, qui envoyait des hommes sur la lune, qui comprenait les cyclones, etc. Tout cela, inaccessible, cache derriere une vitre sans teint.

Erreur 406 - Acces refuse:
Je me ferme a l’Amerique. Rien n’est plus comme avant. Ce pays ne me correspond pas, ne me correspondra jamais. Il n’y a plus rien de bon dans ce pays, si ce n’est peut-etre les paysages.

Erreur 408 - Temps depasse:
Malgre mes efforts, rien ne va. Je n’en peux plus. Ce pays m’exaspere. Il faut partir, le moment est venu.

Plusieurs solutions s’offrent a moi:

1. Soit je rentre plus tot, vers la mi-avril. Je considere que ce pays ne me convient pas, que je m’y torture le corps et l’esprit, et que ca ne sert a rien. Je ne vois aucun sens a ce que je fais, et pour remettre le cap sur ce que je souhaite, je laisse les USA derriere moi. C’est peut-etre un echec, surtout beaucoup d’amertume.

2. Soit je rentre plus tot, mais je me mets au defi. Ici sur la cote ouest, je ne trouve pas ce que je cherche. Je perds mon temps, je vegete, alors je prends les devants et je conquiers l’Est americain. Quitte a voir de nouvelles choses difficiles, quitte aussi a trouver ce que je cherche dans ce pays, et que je ne sais pas encore. C’est rebondir de maniere legere, trouver une solution alternative qui permet d’accomplir par un autre chemin ce que l’on souhaite vraiment.

3. Soit enfin je reste, car je n’accepte pas de me borner a cette vision des choses. Je prends mon mal en patience, ou j’essaie de m’adapter comme jamais, et surtout, je retourne a San Francisco, affronter cette ville qui m’a tant decu. Et tenter d’y trouver ce que je sais qu’elle possede, mais dont mon choc ne m’a pas laisse l’occasion de l’explorer.

Il y a de l’humilite a reconnaitre que l’on s’est trompe. Il y a de l’audace a rebondir et risquer de nouvelles choses. Il y a de l’audace et de la temerite de retourner vers les lieux de ses desillusions.

Alors?

D’heure en heure, mon esprit hesite. J’aime l’humilite de la premiere, meme si la resignation n’est pas dans mon caractere. J’aime l’audace de la seconde, meme si je la trouve capricieuse. J’aime la temerite de la troisieme, meme si je la trouve obstinee.

La reponse devait tomber ce soir, elle tombera vendredi.

Un petit tour de carrousel?

GMT+9