Archives de juillet 2007

Au feu! La crêpe de midi!

L’incidie du quartier

Ce fut affreux. De la fumée, d’abord gentillette puis finalement épaisse, sortait du petit hangard. Quand donc allaient venir les flammes? Mais soudain, oui!, de gigantesques langues rouges fendaient le brouillard grisâtre qui s’échappait du toit! Les pompiers appelés à rescousse ne firent ni une ni deux, et ont anéantis en une poignée d’instants la vie que s’était donné l’incendie. Ils couraient, les hommes du feu, dans le jardin jouxtant le hangard. D’où l’on était placés, on ne voyait plus trop où était l’urgence. Le feu d’artifice imprévu de la fête nationale était déjà condamné, et le quartier devait s’avouer que déjà, l’évènement de l’année battait de l’aile.

L’on se rendait compte, l’on rendait compte, l’on débattait, l’on s’affairait. La troupe des âmes du quartier, celle sans qui le quartier ne serait que briques, bref, les commères; la troupe dis-je donc, formait un arc de cercle autour du bâtiment. La lance des hommes du feu était éteinte, mais il fallait attendre le propriétaire. Quel sinistre! Qui sont les gredins qui ont bouté le feu à l’amas de détritus plastiques qui jonchait les abords? Car le soleil n’était pas assez fort pour déclencher un incendie! Car il n’y avait pas de risque de court-circuit!

Ah! Ils doivent être serrés dans leur pantalon! Et la troupe ne se réduisait pas, ne grandissait pas, constatait. Les pompiers étaient partis, le bourgmestre aussi, la police aussi. Le temps de midi et ses casserolles sur la cuisinière attendaient toujours dans les chaumières, quelle importance. Peut-être la gazette locale allait-elle se déplacer, peut-être le propriétaire allait-il pleurer, peut-être les coupables allient-ils se dénoncer?

Mais on rallonge, on parle, on parle, on perd le fil, on s’étend, on passe une bonne après-midi.