Archives de octobre 2007

Le 11 novembre, il y a 896 ans

Ce fût un jour exceptionnel. Il y a 896 ans, nous allions d’ailleurs déjà aborder le mois de novembre, car le calendrier était toujours julien. Eh oui! Jules César lui-même avait imposé ce calendrier en -54, ou du moins, son principe. Car n’étant pas un fervant admirateur du Christ, le comptage a rétroactivement débuté en 709 après la fondation de Rome. Le recalage a été exécuté en deux temps. La première fois, c’était par ce célèbre moine Denys le Petit, celui qui s’est planté de six ans dans la naissance de Jésus. Ainsi, en l’an 1236 après la fondation de Rome, les peuples européens se sont progressivement mis à avancer le temps dans le passé: ils se retrouvaient ainsi en 527, cette fois après Jésus-Christ. Rome n’était plus, il est vrai, l’Empire tant redouté (car il avait… disparu!). Le deuxième ajustement, qui nous permet de retomber sur notre comptage actuel des jours, c’est le mois d’octobre 1582, où l’Italie, le Portugal et l’Espagne passent du 4 octobre au 15 octobre… sans transition. La France suit les conseils pontificaux quelques semaines plus tard, et adopte le calendrier grégorien en décembre. Nous voici donc dans notre temps.

Tout ça pour dire que le 11 novembre, il y a 896 ans, ce n’est pas tout à fait il y a 896 ans. Mais des gens l’ont vécu! Oui, ils ne l’ont pas vécu avec Christophe Colomb, qui découvrait ce jour-là, en 1502, une île qu’il baptiserait Martinique en l’honneur du Saint-Martin enterré ce jour-là 1100 ans auparavant. Ils n’ont pas vécu non plus le bombardement de Séoul de 1866, ou l’entrée de Washington dans la fédération des États-Unis en 1889. Ni la capitulation des Allemands en 1918, et l’invasion, par les mêmes protagonistes, de la zone libre française en 1942. Ni, enfin, la mort en 2004 de Yasser Arafat, leader historique des Palestiniens.

Mais ils ont vécu un moment unique, qui rappelle que chaque jour qui passe est exceptionnel. Un moment qui s’est présenté une seule fois, et s’il se représente de manière similaire, ce sera dans 9000 ans. Ce jour-là, le calendrier affichait 11.11.1111. 11 novembre 1111. Et avant de voir le 11.11.11111, il coulera de l’eau sous le pont (à moins que le fleuve s’assèche ou se frigorifie). Cherchez, cherchez, vous ne trouverez rien de similaire. Ni le nombre de jours, ni le nombre de mois, ni la numérotation des années ne permettent semblable alignement!

Aujourd’hui, le 18.10.2007, rien de spécial. Un jour comme un autre. Mais tout est une question de calendrier.

Définitions espagnoles

Préambule

L’Espagne est… différente. Je n’ai jamais été au Portugal limitrophe, je ne sais donc pas si les magasins y ferment à 22h, si les rues y sont pleines et bruyantes le soir, et si les gens y dorment trois heures en plein milieu de l’après-midi. Réfléchissons… Ils vivent pourtant en phase avec l’horaire réel du Soleil, c’est prouvé que les relations sociales sont nécessaires à une bonne santé mentale, et la sieste permet de digérer et alléger l’organisme. Là où ils ont tort, c’est bien sûr avec les repas. Le matin, léger. Le midi, on le saute, et en début de nuit c’est le festin. Le corps se trouve en décalage avec ses besoins élémentaires.

Langue

L’espagnol, pardon, le castillan, est tout à fait fascinant. C’est un exemple de pragmatisme et de souci d’égalité d’accès au bien social primordial que constitue la langue. Des exceptions ? A peine. Des difficultés ? A part Ser et Estar, deux verbes signifiant être et dont l’usage diffère selon l’état et la durée, et des mots dont le genre change, aucune grande difficulté grammaticale. Un exemple simple : No se (« Je ne sais pas » : un indicateur de négation, un verbe accordé à la personne correspondante, c’est tout. Impressionant. Le lexique est néanmoins significativement plus réduit qu’en anglais ou en français.

Climat et géographie

Le temps est globalement chaud. En fait, même dans le Nord, les températures sont très comparables à Biarritz en France. En Castille, c’est beaucoup plus aride et plat. Les deux régions castillanes représentent presque le tiers de la superficie espagnole. Enfin, la côte méditerranée, qui s’étend de la Catalogne à Gibraltar, profite à la fois de l’effet régulateur thermique de la mer et de la chaleur propre au Sud.

Économie

Cette côte méditerranée, si l’on excepte la communauté autonome madrilène, est le moteur de l’économie espagnole et l’un des pilliers actuels du marché européen. La Catalogne et la Communauté de Valence hébergent de puissantes sociétés, sont équipées d’infrastructures performantes, bref, tout y est super.

Politique

Pourtant, malgré l’unité qu’évoque le mot « Espagne », le pays regroupe plusieurs entités ayant des différends, voire des conflits ouverts avec le pouvoir fédéral de Madrid. Le Pays Basque et la Catalogne sont les régions les plus indépendantes d’Europe. Anecdotique, et pourtant, la Catalogne a sa propre extension internet, le .cat. La langue officielle est le Catalan, joyeux mix de français d’Oc et de castillan, cette dernière étant de plus en plus délaissée. L’avenir de l’Europe se joue ici, en Écosse et en Flandres…

Identité

L’Espagne est toujours un état, peut-être moins une nation. Pourtant, les espagnols existent. Ils ne sont pas français, pas portugais. Ils ont un passé commun, même s’ils se sont illustrés de manières différentes durant la guerre civile par exemple.

Conclusion

Alors l’Espagne, c’est quoi ? Eh bien… il y a comme partout les bimbos et les playboys, les pubs envahissantes, les laids immeubles et les usines qui puent : c’est l’héritage commun des révolutions industrielles. Du reste, je n’oserais la résumer à mon introduction, et pourtant elle transpire de l’essence des espagnols. Des gens bons-vivants, qui aiment la culture, qui vivent sans regards déplacés sur les vieux et les handicapés (où sont-ils dans les autres pays d’Europe ? Enfermés à double tour dans leur maison?), dont la tradition impose de prendre son temps avec ses congénères.