Archives de juin 2008

A nos deux rives

A ceux qui disparaissent, comme ça, paf, un jour, sans s’y attendre. De terreur ou d’effroi, ou simplement sans s’en rendre compte.

Dans la salle d’attente, une femme blonde, jeune, le visage rond et délicatement bouffis. Son ventre est bombé. Le lien est facile, à la mort, à la vie.

A ceux qui regardent l’ouverture du reste de leur vie à travers une fenêtre qui se ferme, qui dans leurs yeux perdent le sens du lendemain, des années qui s’écouleront, des petits-enfants qu’ils ne connaîtront pas, et qui déjà se trémoussent dans le corps de leur maman.

Le cycle imparable de l’envie de donner la vie à s’en émoustiller les sens, à inspirer d’un rêve en commun, et l’issue qui ne manquera jamais à se manifester.

Et entre les deux. Des larmes de joie, des larmes de tristesse. Les émotions de la vie. S’il n’est bien qu’un objet en ce monde, c’est le ressenti. La passion de deux regards, les personnes que l’on aime, ce qui nous entoure, ne jamais s’en lasser.