24 mars 2008
Berlinette
Berlin, 11 novembre, date de fin d’une guerre. Il pleut comme le Nord sait le faire, de la glace dans les cheveux, on n’y voit rien à travers les lunettes. La nuit tombe quatre heures à peine passées. Les gens attendent que le feu soit vert avant de franchir le passage piéton, et les trottoirs sont propres.
Pourtant Berlin n’est pas cette capitale inaccessible, prétentieuse ou imposante, comme savent l’être Londres ou Paris. Des grandes rues découpent les quartiers, les vélos roulent en site propre, et des arbres humbles s’ennuient aux abords.
L’automne, ça me manquait. Quelle nostalgie soudainement de voir les feuilles pâlir, pour finalement ne plus opposer de résistance et dégringoler sur le sol. A Berlin, il y a l’automne. En Espagne, il n’y en a pas.
Berlin est d’un jaune âcre hérité de ces vieux immeubles vaguement dérivés du bauhaus. Des petites fenêtres rectangulaires. Une ville dont le charme serait de ne pas en avoir, où l’harmonie bouge dans des formes ordonnées. Étrange expérience. Quelle belle ville, vivante de l’intérieur, discrète autre part.