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Where do I start, where do I begin

C’était un soir comme celui-ci, où la pénombre laisse entrevoir le rai de lumière derrière la porte. C’était ce soir. Un soir de panique, où il faut marcher. Entrer enfin dans cette cour des autres, ce monde inconnu. Les enfants doivent faire leurs premiers pas en classe, les adolescents doivent poser leur premier baiser, les jeunes adultes doivent entrer dans le monde du travail, les adultes doivent, les adultes… puis les jeunes retraités doivent changer leurs habitudes. Et enfin on doit se préparer à mourir. Après, une autre porte.

Puis il y a ceux qui ont une vie en feu d’artifice. Qui font tout à la fois, dans une symphonie désordonnée, sorte d’art expressif duquel l’auditeur sort moins indemne que l’auteur. A la fin, on regarde cette oeuvre interminable, que seule la mort clot. C’est une vie où tout prend sens, où chaque élément est lié de sa chair avec l’autre.

Mais il faut rendre des comptes, de toute façon. Le monde est payant. On attend quelque chose, on doit quelque chose. C’est bien normal, c’est la vie en société, qu’il s’agisse de faire du troc ou de la haute finance.

A force de vouloir faire plein de choses, on se répand. Mais l’on s’étend. On est étriqué, on est fier.

Le cul entre deux chaises aère.

L’Atlantisme. Le Nord.

Le monde se renverse, et pour la première fois de son histoire, la démocratie et sa supposée universalité sont mises en doute. La question n’est pas de savoir comment l’imposer, mais plutôt comment la préserver.

Elle trouve son origine moderne dans les peuples aux côtes de l’Atlantique: Europe continentale et Amérique du Nord. Ces deux régions, liées par l’Histoire, la culture, l’économie, la défense et la politique, sont en proie à des turbulences inédites. Le système capitaliste qu’elles ont imposé est en train de se retourner sur elles comme le Tiers-Etat s’est retourné sur Louis XVI. Grandes manoeuvres dans l’arrière-boutique des nations.

Pourquoi est-il si difficile que tous les peuples, tous les individus du monde, se tournent vers un système qui veut défendre la liberté individuelle? Répondre à la question, c’est peut-être tenter de trouver un modèle pour l’imposer. Et la question, d’ailleurs, a moins d’importance qu’elle n’y paraît.

La démocratie, et son pendant économique, le capitalisme, entraîne ses instigateurs dans une descente aux enfers dont on ne peut encore mesurer ni les proportions, ni la portée. C’est la chute de l’empire, et les gesticulations aux sonorités d’un râle.

Une gouvernance mondiale unique est un doux rêve. Impossible. Si un régulateur est souhaitable, un gouvernement mondial ne calmera jamais les besoins de domination d’une culture sur une autre, de la valse des puissances et des influences de certains groupes ou communautés sur des autres.

Un rapport de force équilibré, en revanche, permet d’absorber les vélleités de chacun. La planète compte six milliards d’habitants, mais à croissance démographique inégale, distribution future des populations inégale.

Chine, Inde, Asie du Sud-Est, Afrique, Amérique du Sud, Moyen-Orient, Russie. Sept ensembles cohérents tant par leur histoire propre que par leur position géopolitique actuelle. A leur côtés, on ajouterait à notre époque deux autres ensembles: Amérique du Nord et Europe.

Pourtant, les synergies entre ces deux ensembles sont criants. Démocraties de marché, philosophie, culture de la liberté individuelle, laïcité de l’État, conception de l’économie et de la finance. Il y a certes des différences fondamentales, notamment dans le rôle régulateur de l’État sur la liberté, mais elles font figure d’anecdotes.

Concevoir l’Amérique du Nord et l’Europe comme un seul ensemble à l’échelle mondiale permettrait d’équilibrer le nouvel ordre mondial complètement remanié qui est en train de s’établir. Avec par exemple une seule politique étrangère et de défense, une seule politique du commerce extérieur, un seul organe de régulation des marchés, une seule politique énergétique, une politique de gestion globale du territoire. Mais deux monnaies, permettant d’absorber et de manipuler les fluctuations mondiales de l’offre et de la demande. Bien que rationnalisé et adapté aux difficultés actuelles de la démocratie, le système gouvernemental resterait calqués sur les spécificités locales. Les politiques sociales et culturelles resteraient bien entendu gérées à un niveau comparable que celui actuellement en vigueur.

Tout est question d’équilibre.

Fluxible

Le coursier vient de livrer. Étrange époque: nous vivons en flux tendu, où donc ce que l’on demande est produit lors de la demande -ou très peu avant, par anticipation finement calculée. Quel stress!

Dans le même temps, nous devons être flexibles, s’adapter au monde grand devenu inmaitrisable.

Alors tout est tendu. Nous courons toujours à la dernière minute vers quelque chose que nous n’avions pas vraiment prévu, et tout le monde court à la poursuite de l’autre.

Murmures de l’ombre

L’humeur meurtrière, le regard cristallin, des yeux fusillants. L’horreur est humaine. Et les différences entre les hommes sont assassines. On ne se comprend plus. On navigue à des étages n’ayant en commun qu’un mince plafond. Mon plafond reste ton plancher.

Je ne sais plus. Je regarde froidement, j’arme mon arbalette, je n’ose pas la charger. Fendre un arbre à cent mètres. Mais ça sert quoi?

Ça ne sert à rien. Mais l’on veut vivre. On vit. On respire. Et si ça nous suffit pas, on re-respire.
On se cherche de l’invincible, on se protège, on prépare le champ de bataille, mais nous ne signifions rien.

Mais nous ne sommes qu’un amas d’individus.