Archives de la catégorie ‘Les formes de Léa’

A nos deux rives

A ceux qui disparaissent, comme ça, paf, un jour, sans s’y attendre. De terreur ou d’effroi, ou simplement sans s’en rendre compte.

Dans la salle d’attente, une femme blonde, jeune, le visage rond et délicatement bouffis. Son ventre est bombé. Le lien est facile, à la mort, à la vie.

A ceux qui regardent l’ouverture du reste de leur vie à travers une fenêtre qui se ferme, qui dans leurs yeux perdent le sens du lendemain, des années qui s’écouleront, des petits-enfants qu’ils ne connaîtront pas, et qui déjà se trémoussent dans le corps de leur maman.

Le cycle imparable de l’envie de donner la vie à s’en émoustiller les sens, à inspirer d’un rêve en commun, et l’issue qui ne manquera jamais à se manifester.

Et entre les deux. Des larmes de joie, des larmes de tristesse. Les émotions de la vie. S’il n’est bien qu’un objet en ce monde, c’est le ressenti. La passion de deux regards, les personnes que l’on aime, ce qui nous entoure, ne jamais s’en lasser.

Elle est avec moi


Un petit être qui n’avait pas demandé à être là. Il engendrera aussi. Un nouveau petit être qui n’aura pas plus demandé à être là que lui-même. Des générations de chérubins victimes d’eux-mêmes. (Que c’est absurde de se poser pareille question).

Durant le bref passage en planète bleue les enfants que nous sommes se poseront mille questions, d’autres ne s’en poseront pas une. ¿Se demander si on a le droit d’imposer la vie? ¡Absurde!

La vie est magique. Elle a engendré le chaos pour se manifester. Elle a déréglé le sens d’une constante pour sortir du marasme du tout et du rien. Elle a créé l’espace et le temps. Ce sont ses seules limites, dont elle est elle-même la mère. Et nous en sommes, chacun, une miniaturisation.

Les enfants, eh bien c’est la vie.

L’appétit passe par

“…demi-botte de cresson dans la casserole de moules parfumées, un zeste de crème… et vous voici au centre d’un dîner plein de fraîcheur et de saveur.

Ingrédients pour 1 casserole de moules:”

Un zeste de crème, de la fraîcheur et de la saveur!

Rêves verts

Un arbre, je ne sais pas moi. Tout le monde aime les arbres, qu’ils vieillissent, qu’ils soient jeunes, à peine même qu’ils ont poussés. Un arbre, c’est la vie sage, humble, courageuse, généreuse, solitaire, longue.

La grande forêt, parcourue de petits sentiers qui s’éparpillent sur la terre en parallèle avec les lombrics qui habitent le sol. Des châtaignes, des amoureux qui se montent dessus, la rivière tranquille.

Tout un univers dans une vallée, la vie qui s’épanche, le clocher du village qui résonne, les chaumières qui fument, les enfants à l’école.

Une ville de province, à son rythme ronfleur comme les cheminées d’en bas desquelles le bois se consume lentement. Les braises chaudes, la maison d’un accueil orange, il fait bon, l’hiver dehors.

Je pourrais partir avec mon futur amour dans ce paysage idyllique, rêver au tramway qui un jour est passé par là, qui hier s’est définitivement arrêté. Nous imaginer au loin, la ville derrière, loin de la province rassurante, vers la ville sans arbre songeur.