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A nos deux rives

A ceux qui disparaissent, comme ça, paf, un jour, sans s’y attendre. De terreur ou d’effroi, ou simplement sans s’en rendre compte.

Dans la salle d’attente, une femme blonde, jeune, le visage rond et délicatement bouffis. Son ventre est bombé. Le lien est facile, à la mort, à la vie.

A ceux qui regardent l’ouverture du reste de leur vie à travers une fenêtre qui se ferme, qui dans leurs yeux perdent le sens du lendemain, des années qui s’écouleront, des petits-enfants qu’ils ne connaîtront pas, et qui déjà se trémoussent dans le corps de leur maman.

Le cycle imparable de l’envie de donner la vie à s’en émoustiller les sens, à inspirer d’un rêve en commun, et l’issue qui ne manquera jamais à se manifester.

Et entre les deux. Des larmes de joie, des larmes de tristesse. Les émotions de la vie. S’il n’est bien qu’un objet en ce monde, c’est le ressenti. La passion de deux regards, les personnes que l’on aime, ce qui nous entoure, ne jamais s’en lasser.

Elle est avec moi


Un petit être qui n’avait pas demandé à être là. Il engendrera aussi. Un nouveau petit être qui n’aura pas plus demandé à être là que lui-même. Des générations de chérubins victimes d’eux-mêmes. (Que c’est absurde de se poser pareille question).

Durant le bref passage en planète bleue les enfants que nous sommes se poseront mille questions, d’autres ne s’en poseront pas une. ¿Se demander si on a le droit d’imposer la vie? ¡Absurde!

La vie est magique. Elle a engendré le chaos pour se manifester. Elle a déréglé le sens d’une constante pour sortir du marasme du tout et du rien. Elle a créé l’espace et le temps. Ce sont ses seules limites, dont elle est elle-même la mère. Et nous en sommes, chacun, une miniaturisation.

Les enfants, eh bien c’est la vie.

L’appétit passe par

“…demi-botte de cresson dans la casserole de moules parfumées, un zeste de crème… et vous voici au centre d’un dîner plein de fraîcheur et de saveur.

Ingrédients pour 1 casserole de moules:”

Un zeste de crème, de la fraîcheur et de la saveur!

Avant le grand saut

Allez, un petit soir d’hiver. Allumez les chandelles, ouvrez les lampes dehors. On se blottit derrière l’église, encerclés de la chaleur du jaune de l’éclairage urbain. Les lumières oranges. On s’enlace, on s’embrasse, on voit à peine les yeux en face des nôtres, pourtant si proches. La respiration comme un feu embrasant l’intérieur. Ca foisonne de sens, c’est érotique, on ne le sait pas encore.

La couleur des yeux se perd dans le jaune que la peau revêt. Elle absorbe la timide lumière publique, ne reflète que l’amour qu’elle consent donner. Lentement, doucement. C’est encore dans le visage que ça se passe, c’est la peau qui frissonne. Une joue contre l’autre, deux lèvres accolées. Bientôt, il y aura plus. Pour l’instant, d’effusion de sensualité, tout est dans le désir.